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Poète et nouvelliste, co-fondateur avec Ménaché et Christian Biancardini du groupe Impulsions qu'anime Claude Vercey, il a publié une douzaine de recueils et d'ouvrages et collaboré à de nombreuses revues de littérature et de poésie. Il publie aussi LA LETTRE DE SORTIE DE SECOURS N°6 (hiver 99), N°7,(automne 2000), N°8. une feuille périodique d'information littéraire ponctuée de coups de coeur et de coups de gueule ! |
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Jean-Louis Jacquier-Roux est né à Bourgoin en 1947. Successivement professeur de Lettres, journaliste et bibliothécaire, il vit actuellement à Mâcon (71). Citons, parmi ses dernières publications, Effigies (Le Pré de l'Age éditeur), Les Indiens (nouvelles, éditions La Bartavelle), Versace/Eisenstein, éditions Paroles d'Aube et, en préparation avec Ménaché, une anthologie, La cuisine des poètes, à paraître. Deux nouvelles extraites du recueil Les Indiens ont en outre été publiées dans la Nouvelle Revue Française. |
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Entretien entre JL Jacquier-Roux et M
Delorme (nouvelle) En hommage à Zlatko
Dizdarecic (poème) (extraits) |
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Recels, suivi de Laminoir des peines,éditions Quintefeuille (Paris), 1983 Eparses, Utovie, 1985 Lignes de fuite, La Bartavelle, 1989 Un jardin à la française, Atelier du Gué, 1989 |
Figuration, La Bartavelle, 1990 Effigies, Le Pré de l'Age, 1993 Les Indiens, La Bartavelle, 1994 Versace/eisenstein, éditions Paroles d'Aube, 1998 En Italie, éditions Orage-Lagune-Express, 2001 Zéro main, éditions pré # carré, 2001 |
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Bénédicte PEREZ |
Yanming Zhang |
Erich von Neff |
Jean-Louis Jacquier-Roux |
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Poser un visage sur un visage n'est rien
le miroir se sent mal à force de dupliquer
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Eugénie.
Eugénie dans l'auto.
Sous les plis de sa robe on devinait une série de formes oblongues que le moindre mouvement de son corps fuselait. Elle cachait là, pour passer la frontière, toute une portée de bouteilles dont les ventres de paille irritaient sa peau. Le douanier poussait un peu la tête par la vitre pour la persuader de descendre. Elle refusait. Il insistait. Elle finissait par avoir le dernier mot.
J'étais trop petit pour mêler de ces affaires. Monsieur Rignon, le conducteur, abandonnait sa voiture. Il m'accompagnait quelques pas sur la route, vers les premières maisons de Clavières. On entendait derrière nous, un bruit de dispute puis la barrière s'ouvrait.
Il y eut une fois pourtant où l'entreprise faillit mal tourner. Je m'étais éloigné avec Monsieur Rignon, comme d'habitude. En face de nous, une petite auto, capot dressé, semblait en panne. Un homme de haute taille s'affairait au-dessus du moteur. Sur le siège arrière, deux femmes attendaient, l'air inquiet, visage contre visage. Déjà les cris d'Eugénie provoquaient un début d'attroupement. Je redoutais le pire et m'accrochais au bras de mon chauffeur. Arrivé à la hauteur de la petite auto, j'aperçus dans l'ombre de celui qui tentait de la réparer la frêle silhouette d'un homme. Ses cheveux d'un blond décoloré retinrent un instant la lumière quand il tendit le front vers l'endroit d'où venaient les cris. Il traversa la route vivement cependant que Monsieur Rignon s'offrait à le remplacer auprès de son compagnon tout barbouillé de graisse. On me laissait seul une nouvelle fois. Les deux femmes à présent me regardaient et leur peur, lentement, entrait en moi. Me retournant enfin, je vis l'homme frêle parlementer avec les douaniers puis adresser un léger signe à Eugénie arc-boutée sur ses flacons. Au bout d'un moment la barrière se leva et le moteur fut réparé.
Quand nous nous croisâmes à bord de nos deux voitures, le visage radieux aux cheveux blonds illumina d'un plaisant bonheur le chemin qui restait.
(Dans son "Voyage en Italie", Jean Giono n'a pas pris la peine de relater cet épisode, mais le souvenir d'Eugénie ne l'a jamais quitté.)
Je devais "rencontrer" Giono une seconde fois à Briançon (tout près de Clavières, donc),dans la Grande Gargouille, sur le seuil du magasin d'antiquités où il venait d'acheter l'épée d'Angelo. Je convoitais depuis des semaines cette arme magnifique. Eugénie me laissait espérer qu'elle me l'offrirait. Giono fut plus prompt. Il sortait du magasin avec son trophée au moment où nous y entrions pour en négocier le prix. Il eut un mouvement de surprise et nous salua en homme bien élevé. Qui sait ce qu'il emportait de nous ?
Le dépit d'Eugénie fut plus grand que le mien : elle tomba dans les bras de Blondin qui venait de publier "L'humeur vagabonde". Elle mourut un an plus tard, le jour de Noël 1956.
On devrait s'abonner à la mémoire et de temps en temps tirer un paragraphe au hasard pour le simple bonheur de voir qu'on n'a pas la berlue.
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Assis au milieu des bourrasques
avec les vieilles questions,
dans le temps usé du parc
à l'heure des pipistrelles et des réverbères,
je suis la barque qui s'attarde au bord des nuits
et qui s'aligne dans le noir
à la petite lampe naufrageuse de la cigarette.
Le vent qui chevauche la saison,
je dois apprendre la joie de ce qu'il apporte,
me nourrir de ses belles images animées,
rythmer sa musique dans les arbres
où, dans sa multitude chaque feuille
n'est qu'une et nulle autre.
Être cette feuille qui accueille le vent
et se contente de ce qu'il ramène,
comme d'un visiteur qu'on n'attend plus
parce qu'il revient toujours à l'improviste,
étranger à lui-même et à l'histoire,
comme d'un oiseleur nomade
riche de ses oiseaux sans cages.
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Il faudrait de la
légèreté Parce que ça
pèse A la longue Ce qu'on vit Quand on vit "au jour le
jour" une
légèreté qui laverait parce que les
fatigues empoissent et salissent quelque chose de
blanc en nous pas de pur de blanc comme une page Il faudrait de la
légèreté pour
écrire sur cette page pour
écrire la fatigue par exemple ou la saleté des
jours (écrit en pensant
à la légèreté heureuse
d'Angelo)
FAITES CIRCULER :
Orage-Lagune-Express : Christian Cottet-Emard anime avec une belle ferveur cette micro-maison d'édition. Procurez-vous "La Gare" de Jean-Jacques Nuel. Écriture vive et précise, désolée. Un texte magnifique.
Parutions imminentes : "La jeune fille" : poème bilingue (français-portugais) de Christian Cottet-Emard et ... "En Italie", par l'auteur de ces lignes. Orage-Lagune-Express, 30, rue Pierre Dupont 01100 Oyonnax.
Noniouze : Roger Lahu, l'animateur de cette revue, mâconnais "exilé" sur les coteaux du Layon, m'écrit, à propos de ma chronique intitulée "Sur le champ" (Lettre de S. De S. n°7) : "Écrire un poème crée irrémédiablement une "distance", le poème ne peut être qu'à distance (fut-elle minime) de ce qui est vu, perçu, vécu... Toujours un temps de retard ! Et toujours cette évidente opacité du langage que crée comme une sorte de "taie" sur l'il. D'où, de mon point de vue, la nécessité pour atténuer tant soit peu cette "distance" du poème, d'écrire vite "sur le champ" et dans un langage le plus débarrassé possible d'un quelconque poéticité surajoutée."
Dans sa revue capharnaüm à la Lavaur, de bien beaux poèmes illustrent sa (mini) thèse : Bruno Berchoud, Jean-Claude Belleveaux, Slaheddine Haddad et trois petits joyaux gitans.
Noniouze : 7, Grande rue 49750 Rablay sur Layon.
Impulsions : Claude Vercey, que j'ai retrouvé avec plaisir, ce jeudi 8 février, en compagnie de Colette Andriot, propose, entre autres spectacles, des "proférations poétiques" sur le thème de la liberté, dans le cadre des manifestations liées au centenaire de la loi du 1er juillet 1901. Ça se passe à deux pas de chez moi. Dis, Claude, faudrait peut-être penser à fêter les 25 ans d'Impulsions !
Impulsions : 25 bis rue du Mal. de Latre de Tassigny 71100 Chalon sur Saône.
L'impertinente : des petits ensembles (poèmes et dessins) soignés. Dans ce que j'ai lu, Marcel Migozzi est au-dessus du lot : une sacrée force !
L'impertinente : 19, rue des Jardins 58160 Imphy
P.S. : Qui peut me donner l'adresse de PKD ? J'aimerais bien qu'il m'envoie un petit en-cas poétique pour la prochaine lettre ?
(février-mars 2001)
P.S2 :
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Fissures du ciel Sous la treille ajourée Dentelle qui brouille Le regard Petits morceaux de vie Par terre Goutte d'eau tombant A pic
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