REVUE DE PRESSE

des Editions Orage-Lagune-Express

 

Le Progrès de Lyon, 22 mai 2000

 

MICRO-EDITION

Un petit livre "La gare" de Jean-Jacques Nuel vient de sortir en librairie. Une merveille d'édition signée "Orage-Lagune-Express" d'Oyonnax pour ce minuscule ouvrage que se vend 35 francs. Voilà un texte de grand ordre, une sorte de chef d'oeuvre. Mais qui le connaîtra, avec une diffusion forcément confidentielle ?

André MURE

Le Progrès de Lyon, 29 mai 2000

JEAN-JACQUES NUEL,

Ecrivain de son état

Directeur du centre interministériel de renseignements administratifs, ancien chef de cabinet du Préfet, Jean-Jacques Nuel vient de publier "La Gare".

Photo : Laurent Thévenot

IL A ÉTÉ LE RESPONSABLE des cabinets préfectoraux de Paul Bernard et Michel Besse. Il dirige le centre interministériel de renseignements administratifs. Et pourtant, depuis près de trente ans, Jean-Jacques Nuel écrit.

Poème ou prose, il a publié plusieurs ouvrages et dirigé une revue littéraire, "Casse", pendant plusieurs années. Son dernier recueil de nouvelles, "La Gare", sort ces jours chez l'éditeur "Orage-Lagune-Express", basé à Oyonnax.

C'est au lycée de Villefranche que la révélation a eu lieu, et que les premiers poèmes de Jean-Jacques Nuel ont été griffonnés.

Après quelques années de fac de lettres, il a multiplié les petits boulots alimentaires en continuant à écrire. Et à solliciter les éditeurs. Comme il ne manque pas d'humour, il résume le résultat de cette quête en publiant AUDACE : l'Annuaire à l'Usage Des Auteurs Cherchant un Editeur... "C'est vrai, j'aurais bien aimé vivre de ma plume, c'est un grand regret".

Bête curieuse

Obstiné, Jean-Jacques Nuel a continué à frapper à la porte des directeurs de collection. Et il a fait une belle carrière dans l'administration. "Mes collègues me considèrent parfois un peu comme une bête curieuse. Comme quelqu'un qui pratique un curieux hobby..."

Lauréat du prix André-Seyvérat, auteur d'une biographie de Joséphin-Soulary, Jean-Jacques Nuel a multiplié les genres. Il a même écrit un "guide à l'usage des auteurs, des créateurs de revues et des attachés de presse" (Ed. Calcre).

Autant d'activités littéraires qui n'ont pas entamé la volonté inébranlable du fonctionnaire de se lancer dans le roman. Les nouvelles publiées par l'éditeur d'Oyonnax, celle retenue par Philippe Sollers dans L'Iinfini, sont des premières salves. Le directeur du CIRA travaille sur un roman, assez court, d'une centaine de pages. "Je travaille quand j'ai du temps, et quandje le sens. Je n'aijamais vraiment eu de règle de conduite en la matière. Par contre j'écris toujours assez lentement, en revenant plusieurs fois sur le texte, en multipliant les versions" explique l'auteur.

Lorsque l'on demande à Jean-Jacques Nuel de citer ses influences et les auteurs qu'il admire, le fonctionnaire semble peiner. Les noms sortent lentement, difficilement. On saura finalement qu'il a trouvé une "grâce" chez Raymond Carver, qu'il a jugé "très bon" les premiers Christian Bobin, et qu'il vient de découvrir avec passion l'oeuvre de Thomas Bernardt.

THIERRY MEISSIREL

Une travail d'écrivain

LE PERSONNAGE principal des nouvelles de Jean-Jacques Nuel est toujours un écrivain. Un auteur en quête de gloire, de succès, de lumières. Mais ce pauvre rêveur est loin du boom éditorial. Il rêve en dévorant quelques revues littéraires, le dimanche après-midi, après une ballade pathétique et rituelle au kiosque de la gare. Il devise avec un aréopage de loosers, dans un marché de la poésie, qui sent le renfermé et les ambitions trahies.

Jean-Jacques Nuel sait raconter ce monde, lent et mélancolique, de celui qui attend mieux de sa vie. De celui à qui l'on dit sans arrêt qu'il a tout, et à qui il manque l'essentiel. Un brin désespérée cette plume lancinante et romantique plonge dans un univers très construit. Il ne se passe pas grand chose dans les textes de Nuel, comme il ne se passe rien dans la vie de son personnage. Mais c'est cette absence, cette attente, cette angoisse, que l'auteur raconte avec une précision millimétrique.

 

RÉTRO-VISEUR 81 (Les Echevins, 58, rue de la Barre, 59800 Lille)

Grain de sel par HERVÉ LESAGE

 

J'AI LU ET AIMÉ LA GARE DE NUEL

COMME pour donner une suite aux deux récits publiés dans notre numéro 80, La Librairie des Arcades et L'Épitaphe, Jean-Jacques Nuel, qui n'avait pas publié de recueil depuis bien longtemps, nous propose une plaquette de trois nouvelles : La Gare, Les Langues et Le Marché de la poésie.

Dans ces textes comme dans les précédents, l'auteur nous présente des portraits d'écrivains... ou les différentes facettes d'un même auteur !

Habités par l'écrit, ses personnages possèdent bien sûr les travers de ceux qui recherchent ou attendent la reconnaissance, sinon la notoriété. Mais, à ce stade de leur parcours, ils sont encore à peu près sincères avec eux-mêmes et la réussite, tout au moins au sens où on nous la montre aujourd'hui, reste éloignée de leurs préoccupations. Ils vivent d'abord dans leur monde intérieur, en quête de quelque chose qui est peut-être moins la littérature qu'un véritable besoin d'identité.

L'écriture, sobre et directe, adaptée au sujet, rend ces personnages d'autant plus attachants qu'ils peuvent paraître dérisoires.

Des nouvelles qui ne seront pas sans parier à la plupart des poètes (entre autres), tant elles reflètent telle ou telle put du vécu de chacun.

Ces textes sont extraits d'un ensemble intitulé Portraits d'écrivains, ensemble qui pourrait, une fois publié, servir utilement tous ceux qui se mêlent d'écrire. La fiction (mais s'agit-il bien de cela ici ?) présente souvent d'indéniables qualités pédagogiques.

À lire avec lucidité.

PRIS DE PEUR N° 11,revue de communication créative, d'Ecriture et de Poésie contemporaine : Rafael de Surtis Editions, 20, rue de la Margotterie, La Touche 86170 Cherves, rafaeldesurtis@aol.com

"Second opuscule que je découvre chez cet éditeur. Objet simple et beau. L'art de faire quelque chose qui compte avec rien (tous les merdiques de la photocop devraient prendre de la graine). Quant à Nuel on aime bien ses déambulations dans les méandres du quotidien. Nostalgie, dérisoire, oubli. Il ne manque qu'un poil de vrai cynisme. Envoyez vos textes..."

 

SALMIGONDIS N°14 (2, place de l'Abbaye 39200 St Claude ou 18 place Albert 1er 30700 Uzès), roland.fuentes@freesbee.fr ou baillygilles@aol.com

 

Après avoir fait ses preuves en tant que poète (du pays glacé salin, Cheyne Editeur), puis affiné encore sa plume à l'exercice méticuleux de la prose courte et de l'aphorisme humoristique (cf. sa longue collaboration à Fluide Glacial),Jean-Jacques Nuel a orienté peu à peu son travail vers la nouvelle. Son écriture a conservé cette minutie acquise dans le travail du court. Elle s'attache à mener une exploration poétique, cocasse et porteuse de questions sur le thème de l'écriture. Ces dernières années ses textes ont été publiés dans un nombre impressionnant de revues (L'Infini, Nouvelle Donne, Rimbaud Revue, Poésie Première, La Nouvelle Tour de Feu, Salmigondis... pour ne citer qu'elles). Jusqu'à ce jour aucun éditeur n'avait pris le risque de les réunir en recueil. Parce que la nouvelle est un genre difficile, en terme de vente du moins, et qu'un auteur venant du "court" est encore plus difficile à vendre, quel que soit son talent. Il fallait donc l'indépendance, et la foi, d'un éditeur tel qu'O. L. E. pour réaliser ce séduisant objet de lecture où trois nouvelles de Nuel donneront un avant goût de la prose de ce sculpteur de mots attaché à dépeindre, par sa plume ironique, un peu mélancolique mais dépourvue de tout cynisme, l'univers d'un amoureux de littérature depuis ses dimanches solitaires en plein coeur de Lyon jusqu'à son rendez-vous annuel avec le Marché de la Poésie.

Roland Fuentès

 

 

SIT ART MAG (MAGAZINE CULTUREL LYONNAIS : www.sitartmag.com, animé par Blandine Longre)

 

Où elles vivent à présent, 2000, Orage-Lagune-Express

"Pour lire Roland Fuentes, il faut accepter de rentrer dans ses histoires imaginaires ; des contes, des énigmes du fantastique. Chaque nouvelle est construite comme une envolée lyrique pour s'achever dans une pirouette et on pense à la poésie, aux conteurs et à la fiction présente dans l'oeuvre de Borges.

Les trois récits nous transportent avec plaisir dans un monde étrange et nous remémorent ce qu'écrivait Paul Eluard : "Tous les yeux se font face et des regards égaux partagent la merveille d'être en dehors du temps".

C. Genin

 

La Gare, 2000, Orage-Lagune-Express

Le style de Jean-Jacques Nuel, auteur lyonnais, se caractérise par son dépouillement : quête du terme juste (tout comme R. Carver, le précisionniste, il avoue retoucher maintes fois ses textes) brièveté des phrases, descriptions minutieuses. En parlant d'un autre écrivain, peut-être son reflet, il écrit dans La gare : " Son esprit est construit ainsi, lent, secondaire, décomposant les étapes. C'est comme ça qu'il essaie d'écrire, par touches successives, par retours, dans la distance des jours." Et dans cet écrivain dont il raconte le dimanche il y a sans doute une part de lui-même.

En effet, tout comme certaines créations théâtrales s'interrogent sur le théâtre, l'auteur écrit pour nous parler de l'écriture, chacun des personnages des trois nouvelles de ce recueil étant écrivain, chacun s'interrogeant sur l'écriture, l'ambition d'un auteur insatisfait en dépit de petites réussites. En peu de mots, il raconte le rôle de la littérature, qui "occupe un faible volume dans l'espace" (La Langue), pensée d'un auteur qui regrette que la multitude des langues fasse obstacle à la communication universelle de son oeuvre.

Dans Le marché de la poésie, Jean-Marc se régénère chaque année en juin, par un voyage programmé. Nécessairement, la gare réapparaît, lieu de tous les départs affairés, à l'opposé des déambulations purement littéraires du "voyageur immobile" (La Gare) qui vit en solitaire dans l'ici et le maintenant et prend plaisir à observer ses compagnons humains du haut de toute sa lenteur.

Blandine Longre

 

 

LE CODEX ATLANTICUS N°9, 21 juin 2000 ( REVUE LITTÉRAIRE FANTASTIQUE, LA CLEF D'ARGENT, 22 avenue Georges Pompidou 39100 Dole, France, internet : http://clef-argent.org)

"Où elles vivent à Présent, recueil de Roland Fuentes, février 2000. L'infatigable co-rédacteur de la revue Salmigondis (voir notre précédent N°) a déjà publié en 2 ans 5 recueils de nouvelles. Le texte éponyme du présent opuscule est très représentatif du style si particulier de l'auteur : en empruntant par petites touches au fantastique et à un non-sens ténu, Roland Fuentès construit, l'espace de quelques pages, des univers improbables qu'on reconnaît pourtant, finalement, comme vaguement familiers à des détails imperceptibles (un geste, un bruit, un chuchotement). Un déjà-vu qui n'est pas véritablement inquiétant mais plutôt intrigant : la page tournée, le livre refermé, les personnages s'attardent dans notre mémoire qu'ils ont su agacer par leur familiarité contenue."

Philippe Gindre

 

 

LYON FIGARO, (jeudi 3 août 2000)

 

"La gare", Jean-Jacques NUEL

La modestie de l'écriture. C'est ce qui vient à l'esprit après la lecture de ce petit livre, publié fort joliment par les éditions Orage-Lagune-Express d'Oyonnax, et qui réunit trois textes du Lyonnais Jean-Jacques Nuel. Dira-t-on qu'il s'agit de nouvelles ? Il y a dans les sujets, empruntés au quotidien, comme une simplicité, et dans leur traitement comme un refus de l'effet, qui dessinent une littérature posée, mesurée. Faite de précision et de fragilité. Il n'y aurait qu'un pas pour qu'on verse dans l'étrange, dans le malaise. Jean-Jacques Nuel ne le franchit pas, demeure sur le bord, là, au point d'équilibre, sur l'aigu d'une discrète douleur. On sent qu'un souffle pourrait tout faire basculer...

Nelly Gabriel

 

 

FLUIDE GLACIAL (291 - sept. 2000)

"Nuel (Jean-Jacques) publie LA GARE, recueil de 3 nouvelles chez Orage-Lagune-Express, tout à fait dans son style".

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