des Editions Orage-Lagune-Express

 

VERSO n° 112, trimestriel, Alain Wexler, le Genetay, Lucenay, 69480 Anse

"L'alerte joyeuse", Christian Cottet-Emard, Orage-Lagune-express

 

"Un seul pas de côté suffit à mon chemin et me fit découvrir cette précieuse plaquette, viatique au désenchantement quotidien entonné en choeur par sa dynamique jubilatoire qui permet de casser la course, d'habiter où l'on erre, joyeux, se ruer où l'on tâtonne. Aux bavards sédatifs, à la créature qui se crut créateur, au vide qui prend toute la place, y compris celle de l'air. Cottet-Emard rappelle la réalité sensible de l'écorce et de l'étoffe, de la forêt et de l'écume, échos tant attendus... à l'étendue de mes silences."

Anne-Lise Blanchard

 

VERSO n° 109, trimestriel, Alain Wexler, le Genetay, Lucenay, 69480 Anse

"Célébration de l'oeuf, suivi de Psychanalyse de l'oeuf", avec des encres de C. Deplante, Ménaché, Orage-Lagune-Express

Jolie petite plaquette bien imprimée, cousue main avec des encres de Christian Deplante, c'est comme des comptines : "Un poète sur un mur/ qui murmure des mots durs/ dit comme ci dit comme ça/ pond du neuf/ et puis s'en va !" Et tout à coup des aphorismes qui vous confondent tant l'oeuf peut être originel : "Le complexe de l'oeuf : / se croire unique au milieu/ du nid originel" et surtout cette vérité que toute chose n'existe pas tant qu'elle n'a pas été dite : "Les oeufs sont tellement ressemblants/ qu'il faut les peindre pour/ les reconnaître".

POÉSIE-RENCONTRES n°49-50, responsable : Marc Porcu, 61 avenue Sidoine Apollinaire 69009 Lyon

Christian Cottet-Emard, après L'inventaire des fétiches, Le pétrin de la foudre, Le passant du grand large, L'alerte joyeuse, Alma s'en va, produits par la maison d'édition qu'il dirige, et quelques plaquettes confidentielles, publie en édition bilingue La jeune fille/A rapariga, poème. L'ouverture, après le collage en apesanteur de Bernard Deson, esquisse l'entrée dans le merveilleux contre l'obstacle d'un réel parfois aussi pesant que menaçant : "Quand les tâcherons hostiles/ travaillent mon ombre/ à la feuille de/ plomb, / j'appelle,/ derrière le drap du jour,/ la jeune fille qui garde le monde." Tous les repères s'égarent, le réel entre en fantasmagorie : "L'instant lui est une saison,/ le raisin un passant et le vin un farceur, l'anémone une étoile et le ciel un matin". Mais il ne s'agit pas d'édulcorer la vision. Fantasmer n'est pas sans risque : "Attention,/ ami distrait de la dernière averse,/ l'arbre où s'endort la jeune fille/ est la demeure de la foudre." Une représentation du monde élémentaire surgit au détour d'une page tournée sur elle-même : "La source ne ment pas,/ la forêt se rappelle, le fleuve tient parole/ et la mer a le temps./ C'est pour la jeune fille". Bien sûr, cette omniprésence de la jeune fille annonce sa disparition : "l'absence/ de la jeune fille désole/ le paysage." On se souvient du mot de Balzac : "Quel opéra qu'une cervelle d'homme !" Christian Cottet-Emard emboîte le pas à tous les rêveurs de mots animés dans la solitude du cabinet des écritures, pour repeupler l'espace soudain vidé de tout sens : "Je laisse mon orchestre intérieur organiser librement cette musique lorsque, dans une éblouissante clarté, mon ombre disparaît dans un envol de jeunes filles..." Fin du mirage, au cri de "Balthasar, Balthasar !"

La voix s'affirme et touche juste à l'écart de la tentation des artifices "dans la forêt des sens."

Ménaché
 

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